Que faire en cas de caniculepar Christine Pochez, VétérinaireAvec les grosses chaleurs de l’été, qui n’a pas entendu parler de telle hécatombe dans des élevages de volailles,
due à la forte chaleur, de coureur de fonds ( marathon) qui ne sont pas arrivés au bout du parcours ceci dû à la trop forte chaleur. De même, nos matous
et minettes peuvent être sujets à de tels problèmes. Nous avons tous en mémoire le souvenir d’une exposition, où malgré l’assurance de la part des organisateurs
que la salle était climatisée, où animaux à deux et quatre pattes ont souffert de la chaleur excessive. Combien furent, sans que l’on s’en doute, proches du “coup
de chaleur”?
Celui ci survient suite à un débordement des moyens de lutte contre le chaud. Il peut apparaître dans de nombreuses circonstances. Dans un lieu fermé (voiture en plein soleil avec une aération non suffisante, salle sous verrière déjà chauffée par les rayons du soleil et en plus chauffée par la concentration animale) ou même en plein air, sur la plage, dans le jardin au soleil. Les homéothermes (homéo = constant ; therme = température) comme les mammifères et les oiseaux, peuvent survivre dans un environnement présentant de larges variations de température ambiante, tout en maintenant constante la température de leurs tissus profonds. Cependant, lorsque les possibilités de la thermorégulation (régulation de la température) sont dépassées, des lésions cellulaires aboutissant à la mort cellulaire apparaissent. La marge est plus étroite vers le chaud que vers le froid. Lors d’hyperthermie, la sévérité des symptômes dépend de l’ampleur de l’augmentation de température et surtout de la durée de l’exposition. Pour une exposition modérée, les efforts de thermorégulation fournis par l’organisme peuvent atteindre en premier lieu les performances chez les animaux de production (arrêt du gain de poids, chute de la production de lait), puis lorsque l’hyperthermie s’installe, des symptômes individuels apparaissent, c’est le coup de chaleur, aboutissant à un choc thermique et évoluant rapidement vers la mort. Le coup de chaleur apparaît pendant des périodes estivales de chaleur intense, mais surtout lorsque le degrés d'humidité ambiante est élevé et le plus souvent en milieu confiné. Chez les carnivores, le cas le plus connu est celui du chien ou du chat enfermé dans un véhicule, des cas ont été décrits dans des enclos en ciment et sans ombre ou dans des pièces petites et mal ventilées. Dans des conditions identiques, le chat supporterait mieux que le chien (heureusement pour nous). En plus de la chaleur ambiante, c’est surtout l’existence de facteurs prédisposants et aggravants qui favorise l’expression clinique du coup de chaleur : les animaux jeunes ou âgées supportent moins bien la chaleur, l’obésité est un facteur prédisposant, les animaux de couleur sombre et ou avec un pelage épais sont plus sensibles, la prise de repas (qui produit de la chaleur avec la digestion), la privation d'eau, les maladies intercurrentes ( insuffisance Cardiaque, affections respiratoires), le stress et l’exercice musculaire sont des facteurs aggravants ( car ils sont à l’origine de production de chaleur) Manifestations cliniques Les principales manifestations cliniques sont une excitation, une polypnée (augmentation de la fréquence respiratoire), une congestion des muqueuses (rouge brique), une tachycardie (augmentation de la fréquence cardiaque), une hyperthermie, puis apparaissent une détresse respiratoire, une cyanose (muqueuses bleues), une stupeur, des vomissements, de la diarrhée puis le coma intervient, suivi de crises convulsives, d’ un arrêt respiratoire et de la mort. Elles apparaissent lorsque la température centrale atteint 42° et plus. La mort survient à la suite d’une dépression puis d’un arrêt respiratoire en moins de 24 heures. Si tel n’est pas le cas, les destructions d’organes sont telles qu’une surveillance médicale importante est demandée. Le coup de chaleur lié à un exercice ou à une période d’excitation importante (stress) est plus sévère. La thermorégulation Lors d’augmentation de la température, l’animal lutte contre le chaud en diminuant les processus de thermogenèse (producteurs de chaleur => baisse de l’activité motrice et de l’appétit) et en augmentant activement l’élimination de chaleur ( recherche d’un endroit frais et ventilé sol humide et frais , étalement des membres sur une surface fraîche, augmentation de la sudation, hyper-ventilation, hyper-salivation) tout est requis pour augmenter l’élimination de la chaleur excessive. Les possibilités de thermorégulation se trouvent dépassées lorsque l’évaporation (polypnée et sudation), ne compensent plus la production de chaleur liée au métabolisme et la chaleur accumulée. Prévention Éviter les endroits surchauffés, non ventilés; mettre l’animal sur une surface fraîche, qui ne réfléchît pas la chaleur, pas sur une surface sombre. Le faire boire régulièrement s’il ne veut pas, ne pas hésiter la seringue ou “le bouche à bouche”, le refroidir, les bombes à eau minérale ou le mouiller carrément. Voyager de nuit ou en véhicule climatisé, si le trajet se fait en pleine chaleur, l’animal est déjà fragilisé et une fois en atmosphère chaude. Il est aussi possible pour les trajets de positionner des refroidisseurs sous les linges du fond de cage. Lorsque l’on rentre dans un voiture surchauffée, ne pas hésiter a laisser les portière ouvertes jusqu’à ce que l’intérieur revienne à T° ambiante avant d’y insérer les animaux à 4 pattes. Attention à la climatisation; les animaux sont comme nous sensibles au chaud et froid. La climatisation dans la voiture ne doit pas être inférieure de plus de 5° à la température extérieure. Traitement en cas de coup de chaleur déclaré ( température rectale > 41°c) Le maître-mot est REFROIDIR (bain dans de l’eau à 20°, l’arroser avec de l’eau à 20°), aérer avec un ventilateur puissant, pains de glace ou refroidisseurs sous les épaules et sous les cuisses jusqu’à obtenir une T° inférieure à 40°, puis aller le plus rapidement possible chez un vétérinaire. Quelques exemple de “coup de chaleur “ types.
En revanche, le chien de cette semaine qui a commencé les premiers symptômes à 11h30, que je n’ai vu qu’à 20 heures, lui n’a pas survécu .... |
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